Etudes et Toxicité

Depuis quelques années, en France et en Europe, plusieurs études ont démontré la toxicté des encens et bougies parfumées. 

(Je ne parlerais pas ici des bougies parfumées, car elles ne font pas partie des créations des maisons d'encens avec qui je travaille.)

Maison Nippon Kodo, Maison d'encens japonais la plus diffusée en France, précise qu'elle est aux Normes IFRA sur les matières aromatiques. Dernièrement, les dirigeants  de Maison Awaji Koh-Shi m'ont précisé qu'ils se préoccupaient de l'inquiètude des clients français et obtiennent petit à petit pour l'ensemble de leurs références le label Eco-cert. 

La dernière étude en date à été relayée par plusieurs grands médias français réalisée par l'ADEME (L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie.) C'est un établissement public. 

Je vous propose l'étude complète de l'ADEME en lien ci-dessous que vous pouvez lire dans le détail :

http://presse.ademe.fr/2017/09/etudes-qualite-de-lair-interieur-enjeux-environnementaux-sanitaires-et-reglementaires.html

Je suis absolument d'accord pour que tout produit de consommation fasse l'objet d'une étude. Je suis le premier à en demander et pendant bien trop longtemps les études ont fait défaut. 

Revenons sur cette étude menée par l'ADEME. Il s'agit d'un organisme respectable et réputé. Cependant, deux choses m'étonnes :

- Il est bien précisé qu'ils ont testé 9 encens. Quand on pense au milliers de références qui existent dans le monde. Qu'en est-il du fameux oliban pour l'encens d'église ? La sauge blanche ? Les petits fabriquants et les maisons ancêstrales ? Et bien évidemment les encens japonais ? J'explique notemment dans ma conférence qu'on utilise le bois de santal depuis 4000ans dans le Bouddhisme. Sans parler du bois d'exception, l'Aloès ou bois d'Agar où certaines variétés peuvent dépasser le prix de l'or. Sont-ils toxiques eux aussi? 

Qu'est-ce qui est réellement dangereux dans les encens ? Lors de mon voyage au Japon, les Maisons d'encens japonais m'expliquaient que le séchage est un long procésus et complexe. En effet, la fabrication en elle même est relativement simple. Cependant, le temps de séchage peux prendre jusqu'à 2 semaines, tout en gardant une hydrométrie de 13%. Pour fabriquer un baton d'encens, ils utilisent exclusivement des poudres, écorces, racines, épices, huiles essentielles, ainsi que le fameux arbre Machilus Tumbergii sans saveur, mais aux propriétés collantes...

Mais pour les bâtons d'encens fabriqués pour la grande distribution, il faut que ce soit plus simple et plus rapide. Ils vont donc utiliser des colles et des liants. Et c'est principalement celles-ci qui sont dangereux, voire même très dangereuses. La question peut également se poser sur les méthodes de récoltes du bambou pour faire la tige des bâtonnets d'encens. La question ne se pose pas au Japon, car ce sont des encens tiges sans bambou. 

Qui m'amène à mon deuxième point : L'ADEME ne précise pas d'où proviennent ces 9 encens testés. Bioccop, boutiques spécialisées, grande distribution ? De quel pays ? Et de quelles marques ? 

On m'a expliqué que d'une part les études étaient onéreuses et comme l'ADEME est un établissement public, ils n'avaient à priori pas d'interêt à mettre en avant une marque plutôt qu'une autre. Ceci dit, peut-être aurait-il été bon de préciser la distinction entre la grande distribution et les encens bio, traditionnels... C'est souvent ces deux oppositions qui sont confrontées dans la plupart des reportages télévisés pour parler de l'alimentations, produits d'entretient, cosmétiques...

Alors cette étude est-elle utile ?

Pas plus que ça. Elle a le mérite au moins d'interroger les consommateurs qui avaient peut-être tendance à acheter des encens dans la première grande surface qui en propose, et allez se renseigner auprès de leurs vendeurs plus spécialisés. Car oui, il y a bien des encens très dangereux. 

Mais de là à dire que tous les encens sont dangereux on est plus dans la désinformation. 

Pour complèter mon propos, j'apporterais deux précisions :

- Les encens indiens sont majoritairement vendus dans le monde, et ce, depuis les années 70. Il est vrai que les encens indiens et tibétains dégagent beaucoup de fumée. Ils étaient réputés naturels, pour se soigner et méditer dans le Bouddhisme. Avec l'explosion économique de l'Inde, on pourrait, à juste titre, se demander si en 2018 : Sont-ils toujours naturels? Et les personnes qui travaillent dans les usinent d'encens sont-ils en bonne santé ?

Je peux apporter une petite précison, les encens indiens et tibétains étaient à l'origine utilisés dans les temples Bouddhistes ou à l'extérieur. Sont-ils bien adaptés pour une utilisation dans un salon ou une chambre?

- Comme je n'ai que des contacts directs avec des Maisons d'encens japonais, je ne peux que relayer leur point de vue. D'ailleurs, ils sont bien incapables de me donner des éléments garantissant une qualité bio à leurs encens. Ce sont des maisons qui existent depuis 300 à 400ans, avec la rigueur et la déontolgie que l'on connait des japonais. Ni le ministère de la santé ou de l'agriculture japonais n'ont demandé d'étude tellement les encens font parti de leur patrimoine culturel.  

Pour conclure, affaire à suivre. Déjà, optez pour les boutiques spécialisées et bicoop pour vos encens. Je reste à votre disposition par téléphone ou mail pour toute question. 

Personnellement? Pour moi, malgrès ma grande collection d'encens du monde, les encens japonais restent incentestablement les meilleurs aux monde. 

                                                                                                    _ Lucas. Ars Incense Japan